La rencontre de Montibu

04/03/2013 10:52 par lfjmb

Du haut de ses 2 m 15, Montibu faisait partie de ces monstres que l’on croit n'exister que dans l’imagination des enfants : il était imposant et menaçant. Il avait bien trop de pieds et de mains pour être un humain. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il tirait beaucoup d’avantages de sa situation. Par exemple, il avait développé des aptitudes exceptionnelles à la guitare et au piano, savait courir plus vite que le plus rapide des coureurs. Il n’y a pas vraiment d’ombre à ce tableau me direz-vous, mais en réalité il avait un vrai problème : il mangeait tout. Oui, tout ce qu’il trouvait sur son passage. Il ne savait pas s’arrêter ni même faire la différence entre ce qui est comestible et ce qui ne l’est pas. Il aurait pu être soigné à temps si les spécialistes de l’époque n’avaient pas eu trop peur. Malheureusement, tout le monde l’avait jugé sur son physique douteux et personne n’avait voulu l’aider. C’est pour cela que bien des années plus tard, il vivait seul. Auparavant, la solitude ne l’avait jamais vraiment dérangé, mais ces temps-ci, le froid aidant, il se sentait très triste lorsqu’il rentrait chez lui. C’est pour cela qu’un matin, plein de bonne volonté, il décida de s’inscrire sur un site de rencontre. Il menti sur ses caractéristiques, se présentant sous les traits d’un jeune homme tout à fait correct. Il écrivit : « je suis un jeune homme de 30 ans cherchant une personne simple qui veut discuter. J’ai un bon sens de l’humour et on ne s’ennuie pas avec moi. Je n’ai qu’un léger handicap qui ne se voit pas mais je suis de bonne compagnie. ».   Puis, il attendit qu’une personne lui réponde. Pour s’encourager, il se disait que si jamais elle ne lui plaisait pas, il pourrait toujours la manger. Le lendemain matin, il décida de vérifier s’il n’avait pas eu de réponse. Et il en a reçu une ! Montibu était très heureux, il ne pensait vraiment pas qu’une personne lui répondrait aussi rapidement. C’était une charmante demoiselle qu’il lui avait écrit, elle lui proposait un rendez-vous le jour-même, Montibu en était ravi, même si au fond de lui, il appréhendait le moment de la rencontre. Mais il décida d’accepter. Après tout, ce qu’il voulait, c’était de ne plus être seul. Il lui répondit alors directement, et il lui dit qu’il serait ravi de la rencontrer. Montibu sorti son meilleur accoutrement, et se fit très élégant pour la rejoindre. Le voila prêt à y aller, ils s’étaient donné rendez-vous dans un parc. Il arriva et s’installa sur un banc. Montibu était très nerveux, il ne savait pas comment la jeune demoiselle réagirait. Et puis, il l’aperçut. Elle semblait timide, peut-être même plus affolée que lui. Elle portait un long manteau qui cachait ses pieds et il n’y avait aucun doute, elle lui plaisait. Elle lui dit « bonjour » d’une voix  à peine audible, il avait l’impression qu’elle était faite de verre, et cela le charma encore plus. Au fil de la discussion, ils se trouvèrent beaucoup de points communs. Mais le moment était venu de parler des sujets délicats, ceux qui fâchent. Sans détour, elle lui demanda quel était son handicap, et il le lui avoua de la façon la plus sincère. Il ferma les yeux craignant de la voir partir. Cependant, au bout de plusieurs longues secondes, et ne voyant aucune réaction, il décida d’ouvrir les yeux. Ce qu’il voyait le surprit. Elle souriait. Elle lui expliqua qu’en réalité, elle aussi avait un secret. Elle venait d’une planète lointaine. Elle avait la faculté de pouvoir régénérer n’importe quelle partie de son corps. Cela voulait dire qu’il pouvait  à tout moment manger un bras et ce dernier repousserait sans problème. Montibu n’en croyait pas ses oreilles, il se dit que finalement cela valait la peine d’avoir attendu toutes ces années, puisqu'enfin il avait devant lui, la femme qui lui convenait parfaitement. Elle se régénérait à l’infini et lui avait un appétit insatiable. La seule chose  à laquelle il devait faire attention désormais, c’était de ne surtout pas la dévorer en entier.

                                     Sara S.

Le Diable du Désert

04/03/2013 10:27 par lfjmb

Ca fait maintenant un an que j'erre dans ce désert isolé et vide. Je voulais arriver à l'autre bout, je devais rejoindre ma famille. J'avais épuisé toutes mes provisions, j'ai soif, j'ai faim et surtout très très chaud. Je ne vois que du sable, ses graines minuscules qui retiennent la chaleur et brûlent tout mon être. Je devais trouver un oasis. Je ne pouvais savoir que pendant un bon moment, un des êtres les plus effrayants m'observait. Un être comme nul autre. C'est quand je perdis presque tout espoir que je le vis. Dans toute son horreur. Je ne voyais d'abord que de la fumée. Puis celle-ci se dispersait peu à peu et je pus le voir. Il avait la peau rouge à reflets violets. Je voulais crier, m'enfuir, mais où ? Où aller ? Ne ferais-je pas que tourner en rond ?  Je devais accepter qu'il n'y avait aucune possibilité de lui échapper. Il semblait avoir entendu et compris mes pensées et se mit à sourire, d'un sourire diabolique qui s'accordait parfaitement au reste de son physique. Il était grand, il avait un corps humain mais une tête monstrueuse, deux cornes sur le front et ses yeux étaient complètement noirs. Il tenait dans sa main une fourche d'un métal aussi noir que ses yeux. Il lui manquait son nez, il n'avait qu'un trou à la place.

Il ouvrit sa bouche et j'aperçus ses dents pointues, noires et féroces.

Il me parlait ensuite d'une voix très grave et employait un ton ironique quand il dit : "Homme ! Je te suis depuis que tu as entamé ta route à travers mon univers. Je pense maintenant qu'il est temps que je me présente. Je me nomme Simbad. Ce désert m'appartient depuis plus de 1000 ans. Je suis là au service du maître diable lui-même. Moi Simbad, je cherche un élève. Je te propose de vivre avec moi et je t'éduquerai et t'apprendrai à vivre une vie accomplie. Si tu refuses, tu es libre de trouver le chemin qui te mènera dans ton pays… Mais je doute que tu aies les moyens vitaux pour survivre plus d'un jour sous ce soleil magnifiquement rouge et brûlant ! Viens donc avec moi ! Je ferai de toi un démon. Je vis le souterrain tout comme la surface de ce désert. Mais ma peau ne brûle plus dans le soleil, je ne ressens plus la chaleur, elle ne me transperce pas. Ensemble aucun de nous ne sera seul et peut-être qu'après quelques années de service fidèle, je te relâcherai. Et dis-toi que j'ai des pouvoirs qui dépassent tout ce que tu as pu vivre jusqu'à présent !"

Je compris que je n'avais pas le choix, je devais accepter et de toute façon, je n'avais pas grand chose à perdre. J'allais périr seul dans ce désert. Je devais accepter l'offre de cette créature. Il m'effrayait mais la solitude encore plus… J'acceptais donc les conditions de ce démon, préférant cela à la mort sûre qui se présenterait à moi dans quelques heures sous l'énergie de ce soleil. Le démon rouge devant moi retrouvait à ce moment son sourire sadique, il semblait à nouveau avoir compris toutes mes pensées. Il cligna des yeux et nous nous évaporions tous les deux.

 

Sara H.

L'ombre

04/03/2013 10:26 par lfjmb

Du sang sur les mains. A chaque fois qu’il les regarde, il est là, rouge, dégoulinant. Il sait que ce sang n’est pas là, mais il le voit, il ne peut échapper à cette vision. Alors il détourne le regard, enfile ses gants noir, son anorak noir, son chapeau noir et il sort.
Dans la rue, il n’est qu’une ombre sous la pluie. Il ne sent pas le vent glacial qui le transperce, il n’est pas inquiet dans cet orage, ni même énervé par ce passant qui le bouscule. Cela fait longtemps qu’il ne ressent plus ces choses-là. Il n’a qu’une idée en tête : remplir sa mission.
Enfin, il arrive. Il entre, sans frapper, sans bruit, comme d’habitude. Il la voit. Elle lui tourne le dos. Elle ne se doute même pas de sa présence. Tant mieux. Elle ne criera pas. Ce sera plus discret. En silence, il enlève son chapeau, sort son couteau, et toujours en silence, pose une main ferme sur la bouche de cette femme et l’égorge. Il la lâche. Son corps sans vie tombe sur le carrelage. Il observe ses mains gantées, le sang les a éclaboussées. Ce sang, toujours aussi vif, toujours aussi coulant. Il détourne le regard, remet son chapeau, et puis il sort.
De retour dans son appartement, il efface toutes les preuves, brûle ses gants pleins de sang. Juste au cas où. Son appartement est presque vide, contenant seulement quelques meubles nécessaires tels un lit, une table, une cuisinière, un frigo et un miroir. Un beau miroir, assez étonnamment. L’homme ne regarde pourtant jamais son reflet. Il ne fait pas beaucoup attention à son apparence. A quoi bon ? Tout cela est bien futile. Il ne fait qu’attendre. Attendre les ordres, en se faisant le moins remarquer possible. Plusieurs fois, son « agence » lui a recommandé d’avoir une vie plus normale, de ne pas rester isolé ainsi. Certains pourraient se poser des questions. Pour leur faire plaisir, il a posté une annonce sur le web :
« Homme. 40 ans. Grand, aux cheveux et yeux sombres. Cherche une compagne discrète qui ne pose pas de questions. »
On ne l’a jamais appelé pour cette minuscule annonce. Tant mieux. Il ne voulait pas vivre une vie normale. Il avait oublié ce qu’était la vie depuis fort longtemps. Depuis qu’on lui avait enseigné ce métier, il ne pouvait rien faire d’autre. Et cela ne le dérangeait pas non plus. Rien ne le dérange. Sauf ses mains. Il n’aime pas regarder ses mains.
Un autre jour se lève, une autre mission à accomplir. Il se vêtit de noir, comme d’habitude. Il est encore hypnotisé par la vision. Le sang, coule et coule éternellement le long de ses grandes mains. Ce n’est que dans sa tête. Il doit cesser d’y faire attention. Il sort.
Dehors, le soleil brille et l’aveugle un instant. Puis il reprend sa marche, se dirige vers le nouveau travail. Il arrive près d’une grande maison blanche. N°37. C’est bien celle-là. Il entre à nouveau, en silence. Il repère sa cible. L’homme est assis dans le jardin, bronzant sous ses lunettes de soleil. C’est embêtant. Comment faire pour l’attirer vers l’intérieur ? Dans la pénombre il réfléchit. Quand soudain :
« Papa ! »
Il se retourne et la voit. Une petite fille, blonde, avec une jolie robe rose, appelle son père dans le salon. Elle tient une poupée dans sa main gauche.
« Papa, viens jouer avec moi ! »
L’homme dans le jardin lui sourit et la rejoint, la prenant dans ses bras, lui caressant les cheveux. Ils sourient tous les deux…
Soudain, la petite aperçoit l’homme dans la pénombre. Elle ne prend pas peur. Au contraire, elle plonge ses grands yeux bleus dans les siens. Pendant un instant le monde s’arrête. Il ne voit que cette petite qui le trouble profondément. C’est comme si son cœur s’était remis à battre après des années d’arrêt. Et puis, l’instant passe. La petite disparaît dans les bras de son père.
Le tueur est étourdi. Il sort de cette maison et se retrouve dans la rue sous le ciel oppressant. Il a chaud. Il ne sait pas ce qui lui arrive, il ne comprend plus rien. Il ne pense qu’à cette petite, à ce regard pénétrant. Il court jusque chez lui. Haletant, il enlève ses vêtements. Il se retourne et, pour la première fois depuis longtemps, aperçoit son reflet. Nu, maigre, d’une pâleur extrême, il a l’impression de voir un spectre. Il s’approche et se contemple encore. Longtemps. Jusqu’à la nuit tombée. Là, enfin, il sourit. Il a compris. Cette petite, simplement en se rendant compte de sa présence, lui a rendu son humanité. Elle ne l’a pas regardé comme une ombre dans la rue, ni comme une machine à tuer. Simplement comme un homme. Il se regarde encore. Il sourit toujours.
Il regarde ses mains. Elles sont blanches, il ne voit plus le sang couler. Alors il sort son couteau et se taille les veines. Il voit le sang couler et couler encore abondamment. Juste avant de s’évanouir, il murmure, pour lui tout seul :
« Je suis un Homme, je suis vivant. Je peux donc enfin mourir »
Coralie

Le monstre

04/03/2013 10:25 par lfjmb

Là un homme de petite taille, recroquevillé sur lui-même, qui courait dans tous les sens, me percuta en plein milieu de la gare. Il avait l’air affolé et regardait de tous les côtés comme s'il cherchait quelque chose d’introuvable, d’inexistant. Après m’avoir bousculé, il s’arrêta net devant moi et me regarda avec des grands yeux noirs globuleux. Il avait un regard vide et dur d’homme aigri par la vie. Il ne me quittait plus des yeux, il m’hypnotisait. Je vis qu’il était vêtu de vêtements déchirés, ses orteils sortaient de ses sandales. C’est alors que je remarquai une balafre sur sa joue droite, qui ressemblait à un coup de couteau. Et là, à cet instant précis, tout me revint, ce visage, cette cicatrice, ce regard hypnotisant. C’était évident, c’était lui et ce coup de couteau, c’était moi. Moi 6 ans plus tôt,  lors d’une soirée où mes parents étaient de sortie et m’avaient chargé de garder mes frères et mes sœurs à la maison. En pleine nuit, un bruit de vitre brisée nous réveilla et notre horreur commença. Un homme était rentré dans la maison et s’était dirigé tout droit dans la cuisine, malheureusement pour moi j’étais descendu en entendant le bruit et m’étais rendu dans la cuisine. Le cambrioleur me trouvant là, m’attrapa et essaya de me violer, j’attrapai alors un couteau qui se trouvait à côté de moi et lançai la lame dans le noir, j’entendis un cri et senti l’homme s’enlever de mon corps. Soudain le silence régna dans la maison, l’homme était parti.

Malgré ma peur, je restai là, sans pouvoir bouger. L’homme semblait lui aussi m’avoir reconnu, ses yeux monstrueux et sans pitié me dévisageaient. Subitement, il prit ma tête entre ses mains et m’embrassa d’une telle force que je ne pus reculer et détacher mes lèvres des siennes, ça en devenait presque douloureux, mes lèvres me brûlaient tellement, c’était violent. Puis tout d’un coup, il me lâcha. Me regarda encore une dernière fois et partit en courant. La foule était tellement abondante que je le perdis de vue au bout de quelques secondes. J’aurais voulu lui courir après ou bien pouvoir appeler la police mais j’étais figé, mes pieds ne savaient plus bouger et je restai là au milieu de cette gare sans savoir quoi faire.

 

Clémentine

présentation du projet

28/02/2013 18:36 par lfjmb

Les élèves du lycée ont eu la chance d'accueillir Mme Anita Van Belle, écrivaine belge, pour un atelier d'écriture plaisir. Le thème proposé concernait les monstres, chacun ayant été invité à en créer un tout droit sorti de son imaginaire. Voici leurs productions.